Au commencement il y a le silence.
Et puis,
Et puis encore ?
Mon souffle calme qui creuse l'obscurité.
La ville inerte sous mes yeux.
Un coin de bureau, un clavier, des miettes entre les touches.
Quelques livres, un tapis IKEA.
Les cheminés d'usines au loin qui transpirent d'éphémères nuages ( oh...comme c'est beau ! Je suis un pouét' ).
Mon poisson rouge qui tente désespérément de manger les graviers de son aquarium.
Une photo déchirée de toi.
Les relents de la moussaka d'hier, la vaisselle entassée.
Ce maudit mal de crâne qui me poursuit.
Les minutes qui s'égrènent sans retour.
Une porte qui claque. Le cri acide des pas de ma voisine à travers le mur.
Sa messagerie vocale.
Bientôt le chant des choristes qui dégouline dans son appartement.
De nouveau le silence, de ceux qui vous cernent, vous oppressent, vous étouffent.
Il fait froid...
Je suis seul...
Je vomis.
Je pense à la contingence de l'être humain, l'absurdité
de la vie, la solitude extrême de nos consciences, l'angoisse de la
mort, la sensation aiguë du néant, et je me dis qu'il y a là
suffisament de causes possibles à mon mal.
Mais
les gargouillements croissants de mon intestin, une course effrénée
vers les toilettes et une bonne diarrhée pragmatique auront raisons de
mes rêveries existentialistes.
Trêve de philosophie.
Je m'incline.
La loi du corps est implacable : Gastro-entérite!